Les « Stress tests » des banques européennes en 2011

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Les « Stress tests » des banques européennes en 2011

En 2011, les banques européennes se sont soumises à des scénarios de « stress tests » élaboré par l’Autorité Bancaire Européenne (ABE), basée à Londres. Les résultats des stress tests ont été annoncés le vendredi 15 juillet 2011.

Quel est le but de ces stress tests ?

L’objectif principal des stress tests est de rassurer les marchés financiers. Les stress tests mesure la solidité financière de la majorité des grandes banques européennes afin qu’elle puisse faire face à la hausse des risques souverains mesurés par :

  • Les pertes sur les portefeuilles de négociation
  • Et la hausse de leurs coûts de financement

Ainsi, à travers ces tests sont identifiées les banques qui auraient besoin d’une recapitalisation.

Quel est le contexte du scénario proposé?

Les tests comportaient deux scénarios:

  • Un scénario dit “central”, avec une croissance modérée.
  • Un scénario dit “adverse”, prenant en compte un choc macroéconomique sévère. Dans ce cas, l’Autorité Bancaire Européenne a tablé sur deux années de récession “particulièrement sévères”, soit une baisse de 4 points en pourcentage du PIB en cumulé sur 2011 et 2012. Afin de calculer la résistance des banques, les analystes de l’ABE se sont penchés sur leur solvabilité. Ils ont mesuré le taux d’exposition des banques aux créances douteuses  (dont le remboursement n’est pas assuré) auprès des entreprises et des particuliers de l’ensemble des pays européens. Ensuite, ils ont cherché à vérifier que les banques avaient bien les moyens de passer des provisions sur ces créances, notamment grâce à leur fonds propres. Les banques devaient afficher un ratio core Tier 1 supérieur à 5% pour passer à bien ce scenario.

Quels est la méthodologie mise en place?

La méthodologie comporte les points suivants:

  • Les profits des banques ont été déterminés à partir de la moyenne sur 5 ans historiques
  • La prise en compte des frais d’administration
  • L’utilisation des réserves et des provisions collectives
  • L’utilisation d’exonérations à partir des hypothèses du bilan statique
  • La divulgation des décisions d’affaires qui ont été prises en 2011.

L’autorité de contrôle s’est contentée de définir les scénarios de crise. Elle à laissé aux analystes de chaque banque le soin de calculer quelles pertes elles encourraient avec une validation d’experts de chaque banque centrale. Comme ce sont les banques elles-mêmes qui ont calculés leurs ratios, la confiance que leur accorde le marché ne peut qu’être limitée.

Les recommandations de l’EBA :

  • Toutes les banques qui sont au-dessous du seuil de 5% du Ratio Core Tier1[1], doivent immédiatement prendre des mesures pour remédier à ce manque de capital. Les banques en question doivent présenter aux autorités compétentes nationales, dans un délai de 3 mois (soit le 15 octobre 2011), un plan de rétablissement de ce ratio à au moins 5%. Les mesures présentées doivent être mise en place à la fin de 2011.
  • Les autorités de supervision nationales doivent demander aux banques qui ont taux du ratio Core Tier 1 très proche de 5% de renforcer leur capital par exemple :
    • En encadrant leurs dividendes
    • En augmentant leur capital sur les marchés financiers…

Ces mesures doivent être défini jusqu’au 15 octobre 2011 et doivent être mise en place au maximum dans les 9 mois suivant ces recommandations (soit le 15/04/2012).

Des résultats considérés comme un grand succès par l’Autorité Bancaire Européenne …

L’Autorité Bancaire Européenne a considéré les résultats de ces « stress tests » comme un grand succès puisqu’il y a que 8 banques européennes sur 90[2] qui ont échoué aux tests de résistance. Les banques concernées sont :

  • 5 banques espagnoles (Caja Mediterraneo, CatalunyaCaixa, Unnim, CajaTres et Banco Pastor)
  • 2 banques grecques (Banque agricole de Grèce (ATE) et Eurobank)
  • 1 banque autrichienne (Volksbank).

Elles ont besoin à elles toutes d’au moins 2,5 milliards d’euros pour renforcer leur capital, a estimé l’Autorité bancaire européenne (EBA). S’y ajoute le cas litigieux de la banque allemande régionale de Hesse-Thuringe (Helaba) qui a refusé que l’on publie ses résultats, après avoir contesté la méthodologie.

… mais très contesté par le système financier

Ces résultats n’ont pas eu l’effet escompté sur les marchés financiers. En effet, dès le lendemain, le ton est devenu moins optimiste et le lundi 18 juillet une nouvelle chute de l’ensemble des valeurs boursières s’est produite.

On reproche notamment le regard très optimiste des scénarios qui ne prennent pas en considération l’actualité. Par exemple, les titres de dette émis par la Grèce, l’Irlande et le Portugal qui représentent 192 milliard d’euros dans la trésorerie des banques européennes ont vu en juin-juillet leur valeur s’effondrer de 30 à 50 %. Or, l’ABE a utilisé pour son test des données datant d’avril dernier, dans lesquelles la dépréciation de ces obligations d’État ne dépassait pas 6 % !

L’analyse de JP Morgan Cazenove

Pour résoudre les limites de l’analyse de l’ABE, JP Morgan Cazenove a publié une analyse plus réaliste (en prenant en compte le niveau de valorisation des emprunts d’Etat et le futur ratio de capital réglementaire à 7%). JP Morgan estime que les banques européennes auront besoin de 80 milliards d’euros et non de 2.5 milliards selon l’ABE :

  • Britanniques : 25 milliards
  • Françaises : 20 milliards
  • Allemandes : 14 milliards

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/07/18/04016-20110718ARTFIG00201-stress-tests-les-banques-auraient-80-milliards-a-lever.php


[1] Ce ratio donne le capital sur la somme des engagements pondérés du risque.

[2] L’échantillon des banques européennes a été réduit de 91 à 90 le 14/07/2010.

Auteur: Erida LOLI

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