Projets IT & Data en éco-conception

Projets IT & Data en éco-conception

La sobriété numérique constitue un des enjeux cruciaux pour la réduction de notre impact sur le climat.

Dans cette stratégie de limitation de l’impact des produits numériques, l’éco-conception devient un incontournable dans sa stratégie de décarbonisation et une alternative crédible. Mettre en place une démarche d’éco-conception permet de prendre en compte les contraintes environnementales pour limiter l’empreinte négative d’un projet numérique sur l’environnement. Aux prémices du projet, il est nécessaire d’intégrer le pilotage et l’optimisation des ressources nécessaires à la conception du produit, à son usage, comme au déroulement du projet lui-même. Bref, sur l’ensemble du cycle de vie.

Source : Pôle Eco-conception

En quoi consiste l’éco-conception ?

L’ADEME définit l’éco-conception comme « une démarche préventive et innovante qui permet de réduire les impacts négatifs du produit, service ou bâtiment sur l’environnement et sur l’ensemble de son cycle de vie (ACV), tout en conservant ses qualités d’usage ».

La notion de prévention et d’innovation implique de prendre en compte l’ensemble des critères permettant d’évaluer l’impact du produit ou du service sur l’environnement. Bien-sûr, les impacts qui concernent l’empreinte carbone, la consommation d’eau, de matières premières etc. Cela nécessite aussi d’évaluer ces impacts à chacune des étapes du cycle de vie.

Source : ISIA

Et pour chacune de ces étapes, plusieurs actions peuvent être menées afin de limiter son empreinte, comme celles identifiées via la roue de Brezet qui permet de définir une stratégie d’éco-conception par le choix d’axes d’amélioration du produit.

Source : Pôle Eco-conception

Les bénéfices de l’éco-conception

Des bénéfices environnementaux et financiers : selon une étude menée par l’ADEME en 2022 auprès de 25 entreprises, la mise en place d’une démarche d’éco-conception a permis une augmentation du chiffre d’affaires, de la performance technique et environnementale du produit et de la satisfaction client.

Une diminution des risques : un cadre structurant qui intègre la faisabilité technique, la maîtrise des coûts et des délais, la commercialisation ou la performance d’usage. Une démarche pour anticiper les contraintes des marchés et les réglementations environnementales.

Un levier de création de valeur : de plus en plus, l’éco-conception de produits et services n’est plus une option, mais une nécessité pour répondre aux nouvelles attentes des clients. L’augmentation des volumes de vente s’explique par l’accès à de nouveaux clients et au développement de nouvelles offres pour de nouveaux marchés. Une meilleure compétitivité : source d’innovation et de différenciation, la démarche d’écoconception contribue à l’amélioration de l’image de l’entreprise, selon les études ADEME menées en 2022 et 2017.

Source : ADEME

Pour l’évaluation des impacts à l’initialisation du produit ou du service, l’analyse du cycle de vie ISO 14040/14044 est l’outil le plus reconnu. Afin de faciliter ce travail, des bases de données ICV (Inventaire de Cycle de Vie) regroupent les flux entrants et sortants nécessaires à la fabrication d’un produit ou d’un bien. Il existe différentes bases généralistes ou spécialisées. Ces bases constituent une partie des sources utilisées pour réaliser l’analyse du cycle de vie via les outils d’ACV.  Dans le cas de projets numériques, on retrouve des insights sur les jours programmeur, le nombre d’utilisateurs, le temps utilisateurs, l’amortissement machine, le type de réseau et la bande passante, le nombre de serveurs, la bande passante dédiée libérée, …

Au-delà de respecter les différentes étapes de cette démarche, pour mener à bien un projet numérique en écoconception, le GR491 est le guide de référence de conception responsable de services numériques de l’Institut du Numérique Responsable (INR). Ce guide a pour vocation de partager les bonnes pratiques et méthodes autour de 8 thèmes.

Source : ISIT Europe

Comment lancer un projet d’éco-conception numérique ? 

  1. 1. Partager les concepts relatifs à la transition énergétique et numérique, rendre le vocabulaire plus accessible pour favoriser la montée en connaissance et étendre les bonnes pratiques.
  2. 2. Cartographier le cycle de vie de son produit ou son service, et les enjeux environnementaux pour chacune des étapes, de la conception à la fin de vie du système.
  3. 3. S’équiper des outils d’éco-conception manquants nécessaires pour mener des projets.
  4. 4. Développer les bases de données d’inventaire nécessaire à la quantification des impacts des services numériques. Ceci représente un projet de recherche auprès des spécialistes des bases de données d’ACV* et des spécialistes du numérique (jours programmeur, nombre d’utilisateurs, temps utilisateurs, amortissement machine, type de réseau et bande passante, nombre de serveurs, bande passante dédiée libérée, …)
  5. 5. Qualifier le service rendu d’un service numérique, ainsi que son modèle économique associé.
  6. 6. Définir le cadre méthodologique d’une démarche d’éco-conception de service numérique.
  7. 7. Définir une méthodologie d’évaluation environnementale d’un service numérique (données d’entrée, base de données, champs d’étude, …), et les « category rules » spécifiques aux services numériques.

*ACV : L’analyse de cycle de vie (ACV), consiste à identifier l’impact de chacune des étapes de la vie de chaque produit. Elle requiert de disposer d’une base de données exhaustive et bien charpentée, rendant compte des impacts environnementaux s’appliquant à tous les composants de tous les produits et aux processus de production et de distribution, ce qui donne lieu à d’intenses débats dans l’industrie de la mode.

Conclusion :

En plus de réduire l’impact écologique, l’éco-conception apporte un nouveau regard sur les produits, services et procédés afin d’accroître leurs performances.  Pour autant, le phénomène reste encore nouveau, il doit se démocratiser, être intégré par les différentes parties prenantes des projets IT et numériques et s’ancrer dans les pratiques. Pour mener à bien ces évolutions, plusieurs axes de travail doivent être appréhendés :

  • Au sein de l’entreprise, des actions de communication et d’accompagnement doivent être menées auprès du plus grand nombre afin de clarifier les concepts, partager le vocabulaire et les méthodologies.
  • Un préalable consiste également à définir le cycle de vie et les enjeux environnementaux pour chaque étape.
  • L’entreprise va également devoir disposer des outils et données nécessaires à chacune des étapes : bases de données ICV, sources de données internes et externes, …

 

Enfin, au-delà des bonnes pratiques et des méthodes à déployer pour mener à bien son projet, la réflexion doit aussi être menée sur l’ensemble de l’écosystème du projet afin que les résultats soient tangibles. Que ce soit sur les fonctionnalités, le design, les contenus, l’infrastructure, l’hébergement. Une démarche Green IT doit s’inscrire dans un cadre global.

Guillaume Pinaud, Directeur de la BL Data & IA

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